Voyager à vélo aux États-Unis, c’est plonger dans un pays de contrastes et de démesure: immensité des paysages, grands espaces et accueil souvent chaleureux de la part des Américains. Pendant plus de trois mois, nous avons traversé le pays à vélo, du Nord au Sud puis de l’Ouest à l’Est.

Nous avons emprunté deux itinéraires mythiques proposés par Adventure Cycling Association, la route Sierra Cascades (Etat de Washington, Oregon & Californie) et la Southern Tier (Arizona, Nouveau-Mexique et Texas).

Ce guide rassemble nos conseils pratiques et retours d’expérience pour préparer un voyage à vélo aux USA, anticiper les difficultés et profiter pleinement de cette aventure hors norme.

Rouler aux Etats-Unis

Rouler aux Etats-Unis

Les Etats-Unis, ce sont avant tout un regroupement d’états. Voyager à vélo aux Etats-Unis, c’est donc s’aventurer dans des états qui ont chacun leurs spécificités. 

L’itinéraire que nous avons fait aux États-Unis nous a permis de voir une belle diversité de paysages et de routes.

Adventure Cycling Association: ACA

Adventure Cycling Association (ACA) propose des tracés pour traverser, à vélo, les États-Unis d’Est en Ouest et du Nord au Sud. En pratique sur les routes, il n’y a pas de balisage de ces itinéraires. 

Vous pouvez soutenir l’association ACA en achetant leurs traces GPX ou leurs dépliants. Il est toutefois possible de trouver ces traces facilement et gratuitement sur Internet.

Certains itinéraires sont très prisés comme la Pacific Coast Route ou la Southern Tier. Sur d’autres, comme la Sierra Cascades, vous serez seul au monde. 

En agglomération

Les Etats-Unis, ce sont des grandes villes qui font rêver. Nous avons été agréablement surpris par la facilité de voyager à vélo dans les grandes métropoles. Nous en avons traversé plusieurs comme Seattle, Portland, San Francisco, Los Angeles, San Diego et Tucson. Des pistes cyclables permettent d’y entrer et d’en sortir. Les routes secondaires quadrillant les quartiers résidentiels permettent souvent de rouler au calme. Nous avons particulièrement apprécié rouler à Portland et dans la baie de San Francisco ! 

A l’inverse, les agglomérations de taille moyenne nous ont posé plus de problèmes. Les routes y sont plus étroites et souvent sans bas-côté. Le flot de circulation ne nous a laissé aucun répit. Parfois, nous avons capitulé et roulé sur le trottoir pour éviter de nous faire insulter. Heureusement, les trottoirs sont larges aux États-Unis et quasi inutilisés.

En effet, aux Etats-Unis, la voiture est reine. Ce qui signifie que dans beaucoup d’États, il est très mal vu de marcher sur les trottoirs, de faire du vélo et de prendre les transports en commun. Ce sont des activités pour les gens pauvres. Pourtant et contrairement aux a priori, les réseaux de transport urbain fonctionnent plutôt bien et permettent de visiter les grandes métropoles sans s’encombrer avec les vélos.

En parlant de pauvreté, celle-ci est très visible lorsqu’on voyage à vélo aux Etats-Unis. La pauvreté est particulièrement présente dans les grandes villes. La société américaine étant individualiste, aucun filet de sécurité n’existe en cas de chute dans l’échelle sociale. Avant de traverser des grandes villes, renseignez-vous sur les quartiers à éviter, souvent ceux près du “centre historique” et des gares. 

En dehors des agglomérations

Aux Etats-Unis, il y a peu de routes secondaires en dehors des agglomérations. La circulation varie suivant les régions. Par exemple, sur notre itinéraire nous avons pu pédaler pendant plusieurs jours sur des routes isolées dans les montagnes de la chaîne des Cascades. 

En dehors des agglomérations, les routes comportent généralement un shoulder, c’est à dire un accotement large permettant de rouler en sécurité. Les routes sont bien entretenues.

Transports

Si vous délaissez le vélo, il vous restera deux grandes possibilités pour vous déplacer dans le pays : le train et le bus. Les deux ont des tarifs abordables. Pour le train, rendez-vous sur Amtrak et pour les bus, entre autres, sur  Flixbus. Pour être sûr de pouvoir mettre votre vélo dans le bus, n’hésitez pas à vous rendre à la gare routière et à prendre votre billet là-bas, après confirmation du chauffeur.

Pédaler dans les grands espaces

Pédaler dans les grands espaces

De l’art de faire des provisions

Sur certains itinéraires, notamment ceux proposés par Adventure Cycling Association, il est important de planifier les points de ravitaillement et de transporter suffisamment de nourriture.

Par exemple, l’itinéraire Sierra Cascades évite les villes pour rester en nature. Cet éloignement implique de devoir transporter, pour un cycliste moyen et avec un budget serré (restaurants à exclure), parfois jusqu’à 5 jours d’autonomie alimentaire. En moyenne nous faisions les courses tous les 3 jours.

Nous n’achetons pas de plats lyophilisés, trop chers pour nous. Notre petite astuce est d’acheter des purées « Idahoan », similaires à nos purées mousseline. Elles se trouvent facilement en supermarchés. Ça fait une super ration de secours à avoir en fond de sacoche lorsqu’on voyage à vélo aux Etats-Unis.

En cas de pépin

Aux États-Unis, les grands espaces sont incroyables. Qui dit grands espaces, dit pas de réseau téléphonique. En 3 mois et demi aux États-Unis, nous avons passé environ ⅓ du temps sans réseau.

Si vous vous éloignez des grands axes, il peut être particulièrement intéressant et sécuritaire d’emmener avec vous un téléphone/balise satellite. Ce dernier vous permettra d’envoyer votre position, de communiquer de façon “spartiate” avec vos proches et surtout de déclencher les secours en cas de problème.

Nous utilisons le Garmin InReach Messenger et nous en sommes très satisfaits. Il existe égalemment des concurrents comme Zoleo.

Nourriture

Nourriture

Faire les courses

Aux Etats-Unis, on trouve des supermarchés pour tous les budgets mais très peu de commerces de proximité (pâtisseries, boucheries …).

Les chaînes de supermarché sont toutes regroupées au même endroit, en zones commerciales. Ces zones commerciales constituent souvent le “centre-ville”. Les banlieues pavillonnaires s’étendant tout autour, il faut parfois faire beaucoup de kilomètres pour faire des courses.

Bas de gamme: Walmart. 

Aux USA, Walmart est considéré comme le supermarché bas de gamme par excellence. Certains Américains nous ont même expliqué ne pas aller à Walmart à cause de l’image de “pauvreté” que ça renvoie. 

Pour des cyclos avec un petit budget, c’est super. La nourriture y est à des prix similaires à ceux de la France. Vous trouverez de tout, et pas que des produits ultra-transformés. Il faut compter 5€/jour/personne pour l’alimentation en faisant vos courses à Walmart et avec quelques produits sympas dans le chariot. 

En cas de panne sèche, vous pouvez aussi faire vos courses au Dollar General, ces magasins sont présents partout, même dans les petites villes. Ils proposent des rayons de produits secs et parfois quelques produits frais. Il ne faut pas s’attarder sur la qualité des produits … mais ça dépanne !

Moyen de gamme: Target et Trader Joe’s. 

Ces magasins proposent un rayon de boulangerie/patisserie correct. Nous avons souvent ramené des tartes, achetées dans ces magasins, à nos hôtes en guise de dessert pour le dîner. L’attention a toujours été très appréciée.

Haut de gamme: Safeway et Whole Foods Market

Gestion de l'eau

Gestion de l'eau

L’eau est potable partout aux Etats-Unis. Il est facile de trouver de l’eau, que ça soit dans les parcs, bars/restaurants, stations-services, les supermarchés ou dans la plupart des campgrounds. Elle n’a pas toujours bon goût mais nous n’avons jamais été malade. Nous avons noté que dans les Etats du Sud des Etats-Unis, beaucoup de magasins proposent des distributeurs d’eau. Vous pourrez y re-remplir vos gourdes contre quelques dollars. 

Si vous partez dans des zones plus reculées (itinéraire Sierra Cascades par exemple), il est probable que vous soyez obligé de prendre de l’eau en mileu naturel (lac, rivière etc.). Il est nécessaire de purifier l’eau. Il existe plusieurs solutions: filtre à eau, pastilles purifiantes ou faire bouillir l’eau.

Hébergement

Hébergement

Hôtels, Airbnb...

Chaque ville aux Etats-Unis dispose d’hôtels de gammes différentes. Dans les lieux plus isolés, des motels vétustes proposent des chambres à des tarifs prohibitifs. C’est l’avantage de ne pas avoir de concurrence à 100km à la ronde …

Les hôtels les plus abordables tournent autour de 70€ la nuit pour 2, sans petit-déjeuner. Les moins chers sont ceux de la chaîne Motel 6. Il est possible d’avoir des réductions en s’inscrivant sur leur site. Les chambres sont souvent grandes, propres et relativement confortables avec une grande salle de bains, de l’eau chaude, une machine à café rudimentaire, une TV, parfois un frigo et bien souvent la Bible posée sur la table de chevet.

Les hôtels d’entrée de gamme ont souvent une piscine à disposition, des micro-ondes et parfois des lave-linges et sèche-linges en libre-service (paiement par pièce comme dans une laverie). 

Pour comparer les prix, nous conseillons de regarder sur Booking. Toutefois, nous recommandons de toujours visiter le site web de l’hôtel pour comparer les prix. 

Pour avoir la possibilité de prendre des petits-déjeuners à l’hôtel, il faudra viser des hôtels d’une gamme un peu supérieure, environ 80 €/nuit pour 2 personnes. Pour tous les petits-déjeuners de ce type d’hôtel, vous trouverez une machine pour faire des gaufres. C’est plutôt sympa avant une journée de voyage à vélo aux Etats-Unis. Pour le reste du petit-déjeuner, ce sont souvent des portions individuelles emballées dans du plastique et du pain de mie.

Motel typique
Chambre typique dans un motel (80€)

Warmshower

Le réseau Warmshowers est très développé dans les villes. Il fonctionne particulièrement bien dans les villes de taille moyenne. Nous avons trouvé qu’il était plus difficile de se faire héberger dans les grandes villes, malgré un réseau d’hôtes plus important.

Les hôtes sont particulièrement réactifs. Si un Warmshower accepte votre demande d’hébergement, attendez-vous à être choyé comme un roi ou une reine. Aux États-Unis, la grande majorité des Warsmhowers nous ayant accueillis étaient des personnes retraitées.

Nous avons toujours pu profiter d’une chambre avec salle de bain privée, d’un excellent dîner et d’un bon petit-déjeuner. Généralement, chaque Warmshower a son planning bien défini et des habitudes bien rodées. Il n’y aura pas d’ambiguïté sur les horaires. 

Do you have any food restrictions ? C’est sans doute la première question que vous posera votre hôte Warmshower pour s’adapter à votre régime alimentaire. C’est simple et direct et ça évite bien des situations génantes aux repas !

Aux États-Unis, l’heure du dîner oscille entre 17h30 et 18h30, au plus tard. Il faudra donc veiller à ne pas arriver trop tard chez vos hôtes.

Camping, Campground

Il existe deux types de campings aux États-Unis, des campings privés et des campings gérés par l’État fédéral, les États ou les municipalités.

Avant toute chose, il faut comprendre que les campings sont construits pour accueillir des véhicules récréatifs (RV, autrement dit camping-car) et non des campeurs avec une tente.

Camping privé: ils proposent des tarifs prohibitifs qui vous feront certainement sortir les yeux de leurs orbites. Il n’est pas rare de voir des emplacements à plus de 50, 80 ou 100€ la nuit. Ce sont des emplacements prévus pour des RV, donc souvent avec un sol en graviers et peu d’intimité. 

Toutefois, si le camping dispose d’emplacements pour tentes, vous trouverez tout le confort d’un camping français. Les campings nord-américains ont l’avantage de toujours proposer une table de pique-nique sur l’emplacement. 

L’une des plus grandes chaînes de campings privés aux USA s’appelle KOA. Quelques KOA proposent (très rarement) des promos sur les emplacements, il faut donc garder l’œil ouvert quand vous passez devant l’un d’entre eux.

Camping/Campground géré par l’Etat fédéral ou les Etats ou les municipalités: il en existe de plusieurs types, par exemple ceux situés dans des “National Forest”, ceux situés dans les “National Park” ou encore ceux des “State Park”. Vous trouverez la majorité de ces campings sur l’application iOverlander.

La plupart des campings ont des périodes d’ouverture. Si vous voyagez hors saison, il faudra faire attention à ces dates.

Ce qui est invariable dans les campings publics : vous trouverez toujours une table de pique-nique sur votre emplacement. Les emplacements sont souvent assez grands. Il y a toujours des poubelles et des toilettes à disposition (dry toilets/pit toilets/porta potty pour des toilettes sèches ou flush toilets pour des toilettes comme à la maison). Il y a toujours du papier hygiénique. 

Ce qui est variable dans les campings publics: certains campgrounds proposent des douches chaudes et/ou des robinets, d’autres juste l’accès à une rivière. Certains campings auront la Wifi, dans d’autres il n’y aura aucun signal.

Certains sont sur réservation, d’autres non. Parfois les frais sont à payer à une borne automatique, parfois il faut glisser une enveloppe dans une urne ou parfois il y a un guichet et des rangers.

Les prix varient beaucoup également, de la gratuité notamment pour ceux en pleine nature, à une trentaine de dollars en zone rurale. Dans les zones urbaines, comme à San Diego (Californie), on est plutôt sur 50$/nuit pour un emplacement hiker/biker.

Certains campings, proches d’itinéraires cyclables, proposent des tarifs et des infrastructures hiker/biker. Les emplacements seront alors plus petits mais avec souvent des tables de pique-nique abritées, des prises électriques à proximité et des sanitaires avec douche. Le tarif hiker/biker est parfois très intéressant comme en Oregon à 6$/personne environ.

Les grands espaces signifient aussi les animaux sauvages. Il est conseillé de s’informer sur la faune des états que vous traversez. L’ours est redouté mais le plus malin de tous c’est le raton-laveur qui saura ouvrir vos sacoches mieux que vous. Certains campings, autour desquels la faune sauvage est très présente, mettent à disposition des boîtes sécurisées pour que vous puissiez stocker votre nourriture.

Bivouac

En dehors des zones urbaines, les États-Unis sont le paradis du bivouac. De nombreux spots sont référencés sur iOverlander. Si vous vous arrêtez sur un spot de bivouac référencé sur iOverlander, vous serez rarement seuls. Beaucoup de personnes bivouaquent avec un véhicule aménagé. 

Le bivouac (dispersed camping) est autorisé sur les terres publiques du Bureau of Land Management (BLM). La carte des BLM est disponible sur Internet et leur site web permet d’en savoir plus sur la possibilité de bivouaquer. Avec l’abonnement iOverlander il est possible d’afficher directement la carte des terres BLM dans l’application. Il n’y a plus qu’à planter la tente !

Avant de bivouaquer, pour vérifier si vous êtes sur un terrain privé ou public vous pouvez aller voir la carte des terres publiques: USA Federal Lands

Dans tous les cas, et comme partout, le mot d’ordre est leave no trace (ne pas laisser de trace de votre passage). 

A titre d’exemple, voici la répartition de nos hébergements sur les 107 nuits passées aux États-Unis. 

Budget

Budget

Le cours du dollar varie entre 1$ = 0.85€ et 1$=1€.

Le coût de la vie est plus élevé aux Etats-Unis qu’en France.

Les hébergements et les restaurants, fast food inclus, sont globalement plus chers qu’en France. L’alimentation en grande surface, quand à elle, notamment à Walmart est au même prix qu’en France.

Voir sur Tourdumondiste les frais des différentes banques.

Nos dépenses

Voici un aperçu de nos dépenses quotidiennes aux Etats-Unis au cours des 3 mois et demi passés sur le territoire.

Nous avons dépensé en moyenne 16.2€ par personne et par jour.

  • Hébergements

En moyenne, nous avons dépensé 7.9€/jour/personne en hébergement. Nous avons payé 51 nuits: 40 nuits en camping et 11 à l’hôtel. Ces 51 nuits payées nous ont coûté en moyenne 16.5€/personne. Les hôtels nous ont coûté en moyenne 92.1€ (46€/personne) et les campgrounds 16.8€ (8.4€/personne).

  • Tourisme/loisirs

Cette catégorie correspond à l’achat du pass annuel des parcs nationaux (90$ en 2024).

  • Catégorie « Autre »

Pour simplifier le graphique nous avons regroupé dans « Autre » les dépenses suivantes:

    • Divers (lessives, frais bancaires etc.) : 33€
    • Cadeaux (pour les hôtes/famille) : 224€
    • Transport en commun dans les villes : 64€
  • Quelques éléments de contexte
    • Nous cuisinons quasiment tous nos repas au réchaud et faisons nos courses exclusivement à Walmart. Nous avons payé 3 « restaurants » (fast food) en 3 mois et demi et avons été invités 3 autres fois au restaurant par des Américains.
    • Nous n’avons jamais demandé l’hospitalité spontanément, nous sommes passés uniquement par Warmshowers pour dormir chez les locaux. Notre projet de livraison de lettres nous a aussi permis de dormir quelques fois chez les destinataires. En tout, nous avons dormi 34 nuits hébergés gratuitement. À cela s’ajoutent 3 nuits via TrustedHouseSitters et 19 nuits en bivouac / camping gratuit.

A ces dépenses quotidiennes il faut ajouter les visas et les dépenses fixes: forfait de téléphone, assurance, abonnement balise satellite InReach…

VISA

VISA

En étant français il y a deux options pour entrer aux États-Unis, l’ESTA et le visa B2.

Quoi qu’il en soit, si vous entrez par voie terrestre il faudra payer en plus une taxe de 6$/personne.

  • Autorisation de voyage, ESTA

L’ESTA permet de rester 90 jours aux États-Unis et est valable 2 ans. Il est à demander en ligne sur esta.cbp.dhs.gov/. En 2026, l’ESTA coûte 40$. Cette démarche est relativement simple et rapide (réponse sous 72h).

  • Visa B2

Le visa B2 est un visa de tourisme. Il permet de rester jusqu’à 180 jours par an aux États-Unis et est valable 10 ans. En 2026, le visa B2 coûte 185$. La procédure est bien plus complexe que pour l’ESTA. Il faut remplir une demande en ligne sur https://ceac.state.gov/GenNIV/Default.aspx. Beaucoup de renseignements sont demandés et il faut notamment donner le contact d’une personne vivant aux États-Unis.

Ensuite il faut prendre un rendez-vous à l’ambassade des Etats-Unis à Paris pour passer un entretien. Les délais pour avoir un rendez-vous peuvent être très longs (6 mois dans notre cas). Des créneaux de dernière minute se libèrent parfois.

L’entretien en présentiel à l’ambassade des Etats-Unis est obligatoire. Avant d’entrer dans le batiment, vous serez fouillé à de multiples reprises. Il est interdit d’entrer dans le batiment avec un ordinateur. Vous pouvez laisser votre ordinateur à la réception d’un des hôtels de luxe du quartier.

L’entretien s’effectue en anglais, à un guichet. Il faudra préparer votre itinéraire, savoir expliquer pourquoi vous souhaitez voyager aux Etats-Unis, savoir parler de votre situation professionnelle en France et avoir des preuves de vos ressources financières. A la fin de l’entretien, l’agent vous indiquera si votre demande est acceptée, refusée ou si elle nécessite des documents complémentaires.

Si votre demande est acceptée, l’agent de l’ambassade gardera votre passeport. Il faudra soit revenir chercher le passeport en main propre dans un dépot à Paris, soit payer l’envoi.

Visa B2 ou ESTA, dans tous les cas l’entrée sur le territoire relève de l’appréciation du douanier. Avant d’arriver à la douane américaine, il faut savoir répondre aux questions de base : Où allez-vous ? Comment ? Pour y faire quoi ? Quand sortirez-vous des USA ? Il est impératif d’avoir l’adrese de l’endroit où vous dormirez la première nuit.

Notre conseil :

  • Si vous êtes sûr de passer moins de 3 mois consécutifs aux USA, que vous n’y êtes jamais allé et que vous n’avez jamais visité un pays que les USA classifient sur liste rouge (Cuba, Iran, Iraq, Libye, Somalie etc.), alors faites un ESTA.
  • Dans les autres cas et encore plus si vous avez prévu de débuter votre voyage en Alaska avant de passer par le Canada et le reste des USA, alors faites un visa B2.

Lorsque le douanier approuvera votre séjour aux Etats-Unis, il se peut que la durée du séjour ne soit pas tamponnée dans votre passeport. Pour vérifier votre statut et la durée de séjour accordée, rendez vous sur le site i94.cbp.dhs.gov.

Si vous sortez en direction du Mexique, par voie terrestre, il n’y aura pas d’enregistrement de sortie du côté des États-Unis. Il est donc probable que le site i94 indique que vous êtes toujours aux États-Unis alors que vous êtes au Mexique. Ce n’est pas un problème.

Parcs nationaux

Parcs nationaux

Entrée dans les parcs nationaux

Pour visiter les parcs nationaux américains, lieux incontournables, il faut payer un droit d’entrée. 

Il existe deux types de droits d’entrée: un pass à la journée et un pass global et annuel ouvrant l’accès à tous les parcs nationaux. Ce dernier est bien plus avantageux et sera amorti au maximum dès votre troisième visite. Vous trouverez toutes les informations sur les tarifs ici.

Aux USA la détention d’un pass est nominative et permet à toutes les personnes étant dans le véhicule, avec le détenteur du pass, d’entrer dans le parc. Pour des voyageurs à vélo, il est admis que la détention d’un seul pass donne accès à au moins deux voyageurs à vélo (régime similaire à celui des motos). 

Le pass est disponible à l’achat à l’entrée des parcs ou sur Internet. 

A partir de la date d’achat, le pass est valable un an. Les prix sont révisés à chaque nouvelle année calendaire. Il peut donc être intéressant d’anticiper l’achat d’un pass en fin d’année pour bénéficier d’un prix plus avantageux. Par exemple, le prix du pass annuel était de 90$ jusqu’au 31 décembre 2025 et est passé à 250$ au 1er janvier 2026.

Certains parcs nationaux sont sur réservation (grottes de Carlsbad par exemple). Chaque parc national dispose d’un site avec toutes les informations pratiques. Les parcs nationaux sont souvent immenses, certains sont difficilement traversables à vélo en une journée.  

Visiter les parcs nationaux

Les parcs sont faits pour être visités en voiture, tous les lieux d’intérêt vous seront donc accessibles facilement à vélo. Certains parcs proposent aussi de courtes randonnées aménagées faisables en quelques dizaines de minutes.

Dans les visitor center, vous trouverez toujours des toilettes, un magasin de souvenirs, des snacks et parfois même un restaurant. Pour les enfants, des programmes de junior ranger permettent de découvrir les parcs de façon ludique.

Camping dans les parcs nationaux

Les parcs nationaux disposent de campings. Ils faut savoir que les parcs nationaux sont une grande attraction touristique pour les américains eux-mêmes. Les campings sont donc pris d’assaut en haute saison et pendant les week-end fériés.

Pour obtenir une place de camping pendant cette période, il y a deux possibilités:

    • soit planifier longtemps à l’avance votre séjour dans le parc
    • soit y aller au culot et demander sur place à un autre touriste de partager son emplacement

De nombreux parcs obligent à réserver les emplacements de camping sur Internet. Cependant, comme vous le constaterez, les parcs sont souvent en pleine nature sans réseau à 100 kilomètres à la ronde. Encore une fois, l’anticipation est de mise.

Beaucoup de campings dans les parcs nationaux ferment l’hiver. Si vous voyagez hors saison, il faudra faire attention à ces dates.

Informations diverses

Informations diverses

  • La propriété privée est sacrée aux Etats-Unis… même au camping ! Pour passer d’un emplacement à un autre, il est mal vu de couper par l’emplacement du voisin. Et même si c’est beaucoup plus court. Le GPS nous emmène parfois sur des routes ou des chemins privés. Parfois, nous avons fait demi-tour…parfois pas !
  • Les Américains sont très curieux, ils vous poseront sans cesse des questions pour savoir d’où vous venez et où vous allez. Ils adorent les small talk, c’est-à-dire de petites conversations pour parler de la pluie, du beau temps et de votre voyage. Nous avons toujours ressenti un accueil chaleureux aux États-Unis.
  • En dehors des agglomérations il y a peu de réseau, notamment dans les montagnes des Cascades et de la Sierra Nevada. Si vous voyagez à deux, nous recommandons d’avoir deux forfaits différents. De notre expérience Free fonctionne très bien, RedbySFR a des accords un peu moins avantageux avec les opérateurs et capte moins bien aux Etats-Unis.
  • Aux États-Unis, toutes les villes ont leur parc municipal. La grande majorité sont extrêmement confortables. On y trouve a minima des tables de pique-nique abritées et des poubelles. Très souvent, il y a également des fontaines à eau, des jeux pour enfants et des toilettes.
  • Pour se rafraîchir, le plus économique est de prendre des boissons aux fontaines à soda dans les stations-service. Pour 1€ vous aurez 1L de boisson (et beaucoup de sucre !). Pour ce qui est des canettes et des bouteilles de sodas, les prix en supermarché sont les même qu’en France. Vous pouvez aussi acheter des glaçons en sac, en prendre dans les distributeurs de boisson ou même dans les distributeurs des hôtels. Les américains raffolent des glaçons. 
  • Les feux de forêt sont fréquents dans certaines régions, notamment en Californie. Pour garder un œil sur la situation, nous consultons le site fire.ca.gov. En cas d’évacuation vous recevrez un message d’alerte sur le téléphone, même si vous n’avez pas de réseau
  • Dans le sud de la Californie, à partir de San Francisco une plante produit des sortes de boules recouvertes d’épines. Attention aux crevaisons, c’est redoutable !
Goat's head, redoutable même pour les tongs !
  • Au restaurant, il faut ajouter au moins 10% de pourboire aux prix affichés sur la carte. Le serveur sera assez souvent sur votre dos pour savoir si tout va bien. L’assiette du client est retirée dès que ce dernier a terminé de manger. Au au moment de payer, il est probable que le serveur parte avec votre carte bancaire plutôt que de vous amener le terminal de paiement …pas de panique !

Applications utiles

  • iOverlander : pour trouver des hébergements sur la route et des conseils sur les routes à emprunter
  • WhatsApp est malheureusement assez peu utilisé aux Etats-Unis.

Le bilan

Le bilan

On a aimé

  • L’accueil des hôtes américains, toujours aux petits soins avec nous. Nous avons adoré discuter et en apprendre plus sur la culture américaine.
  • Les grands espaces, parcourir des étendues à perte de vue sur nos vélos.
  • Une certaine culture du bivouac, il est possible de camper sur les terres appartenant au BLM (Bureau of Land Management). On a campé dans des endroits magnifiques.
  • Avoir l’impression d’être plongé dans des décors de films ou de bandes dessinées, comme en Arizona avec Lucky Luke.
  • Visiter des lieux mythiques comme San Francisco, Los Angeles, Santa Cruz…
  • La sécurité du pays et la possibilité de bivouaquer facilement
  • Le confort de la vie quotidienne: de l’eau potable au robinet, des supermarchés avec beaucoup de choix, de nombreux campings… Aussi à noter qu’on trouve des toilettes partout notamment au bord des routes sur des aires de repos.
  • Les parcs nationaux, nous en avons vu 9, tous complètement différents. Nous avons été émerveillés par les Séquoias géants, Crater Lake, Lassen Volcanic, les grottes de Carlsbad… Les États-Unis possèdent de merveilleux trésors de la nature. 

On aurait pu s'en passer

  • Nous avons parfois eu l’impression d’être bloqués par notre budget dans un pays où tout est payant. L’accès à la nature est souvent payant (même en dehors des parcs nationaux !). Par exemple, nous nous sommes fait refuser deux fois, le soir, par des campings. Sans alternative possible, nous avons dû payer 150 € d’hôtel par nuit car il était interdit de dormir ailleurs. Chaque défaut d’organisation peut donc coûter très cher. Chaque sortie touristique ou chaque visite coûte également un bras.
  • Nous avons fait le choix de traverser l’Oregon et la Californie en empruntant un itinéraire montagneux en octobre et en novembre. Nous avons un peu souffert du froid (jusqu’à -10 °C certaines nuits) et surtout du nombre d’heures de jour très limité. Il faisait nuit à 16h30. Nous dormions majoritairement en camping, sans électricité et parfois sans réseau, les soirées ont donc été longues dans la tente.
  • Les propriétés privées. Les panneaux d’interdiction sont partout et dans certaines zones tout est grillagé.
  • La circulation sur certains axes routiers, notamment les routes de type “nationales” assez larges pour que les voitures roulent très vite mais trop étroites pour que nous puissions rouler sur l’accotement. Les Américains ralentissent peu, nous avons eu de belles frayeurs notamment autour de Seattle.
  • Une impression de superficialité dans les discussions. Par exemple, plusieurs personnes nous ont posé des questions et ont tourné les talons avant que nous ayons fini de leur répondre.
  • Nous avons constaté que les USA sont une société très individualiste basée sur la réussite individuelle. Nous avons été choqués par la pauvreté, la drogue dans les centres-villes et l’absence d’aide extérieure (associations, gouvernement, etc.).
Grands espaces mais tout est cloturé !
Private Property
Tables de pique-nique ? Ici il faut payer !

Nos endroits favoris

Nos endroits favoris

  • L’itinéraire Sierra Cascade proposé par Adventure Cycling Association. Nous l’avons parcouru, avec quelques adaptations, entre Detroit, au nord de l’Oregon, et Los Angeles en Californie. C’est l’itinéraire des montagnes et des grands espaces. Nous avons été subjugués par la beauté des paysages, notamment le col du McKenzie, la Deschutes National Forest vers Bend, le Mont Shasta, Crater Lake National Park et Sequoia National Park.
  • San Francisco et surtout sa baie, refuge pour des milliers d’oiseaux.
  • Le front de mer au sud de San Francisco avec notamment la jetée de Santa Cruz 👉 Nos récits Polarsteps
  • L’Arizona et notamment le désert de Sonora qui est le plus grand d’Amérique du nord. Les cactus, les cowboys et les étendues ocres et sèches à perte de vue. 👉 Nos récits Polarsteps
  • Le désert de sable blanc de White Sands et les grottes de Carlsbad, qui sont des parcs nationaux moins connus. 👉 Nos récits Polarsteps

Quelques anecdotes et rencontres marquantes

Quelques anecdotes et rencontres marquantes

Facteurs humains 

Grâce à notre projet “Lettres en selle”, nous avons porté les lettres d’un moine habitant dans une abbaye à côté de chez nous, en France.

Nous avons rencontré 4 membres de sa famille dans 3 États des États-Unis. Chaque rencontre a été unique et l’occasion de partager un moment du quotidien des Américains, en dehors du réseau cycliste.

👉 Nos récits Polarsteps

Des spaghettis bolognaises en pleine tempête

En octobre 2024, nous avons bivouaqué dans une forêt à proximité de Crater Lake National Park (Oregon). À notre réveil, la tente était couverte de neige.

Nous nous engageons sur la route touristique du parc national de Crater Lake. Les paysage est blanc immaculé. Olivier crève au bout de quelques kilomètres. Il s’échine à changer la chambre à air dans le froid et la neige, nous ne sentons plus nos doigts. Lorsque nous repartons, le vent a redoublé d’intensité.

Arrivés au bord du cratère après de gros efforts, nous ne voyons rien, la vue est bouchée. Nous gelons sur place. À ce moment-là, une femme sort de son van et vient nous voir dans la tempête: “Ça vous dit des spaghettis bolognaises ?”. Nous ne serons jamais assez reconnaissants à ces Québécois de nous avoir accueillis quelques heures pour que nous nous réchauffions.

Lorsque nous reprenons nos vélos, la vue s’est dégagée et nous pouvons enfin profiter du parc.

👉 Nos récits Polarsteps

Abel, le sauveur du jour

Cette journée, nous avions passé la barre symbolique des 10 000km. Nous avancions en direction de Teachapi (Californie). La route que nous voulions prendre s’est révélée être un chemin fermé, privé.

Nous avons dû faire demi tour et enchaîner 1400 m de dénivelé positif sur l’autoroute et sous un soleil de plomb. Même les camions devaient s’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence pour faire refroidir le moteur !

Le soleil déclinait, nous étions encore loin de la ville, nous ne savions pas où dormir. Le moral était au plus bas. Un 4*4 s’arrête sur le bas-côté de l’autoroute.

Un monsieur baisse sa vitre: “Bonjour, je m’appelle Abel. Je suis Warmshower, vous venez dormir à la maison ce soir ?”. Notre sauveur du jour !

👉 Nos récits Polarsteps

Pique-nique dans le blizzard ?
Non, sauvés par un couple adorable !
Abel, notre sauveur du jour !

Et pour aller plus loin, voici une sélection des épisodes du podcast sur les Etats-Unis: cyclotopo.fr/selection-podcast-etats-unis/

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous contacter, via le site (contact) ou via les réseaux sociaux.

Laisser un commentaire