Ou comment ne pas tomber en rade de batterie ?

Une des caractéristiques du voyage à vélo est la liberté qu’il permet. La possibilité d’être autonome et d’aller où on veut en fait le charme. A l’heure des smartphones, GPS, caméras, rares sont les voyageurs à vélo pouvant se passer complétement d’électricité. Comment ne pas tomber en « rade » en voyage à vélo ?

 Dans cet article nous allons répondre aux questions suivantes :

  • Quels sont mes besoins ?
  • Où et comment recharger, quels types de prise dans le monde ?
  • Les solutions nomades
Oups, plus de batterie...

I. Combien consomme-t ’on en voyage à vélo ?

Vous allez me répondre « ça dépend ». Et c’est vrai que suivant les jours l’usage qu’on a de nos appareils peut varier fortement. Il s’agit donc d’estimer une consommation moyenne. La finalité étant bien sûr de savoir comment être autonome en électricité. Nous avons fait le calcul pour vous : téléchargez notre tableur Excel !  (version ods ici)

Ce tableur calcule la consommation totale des appareils utilisés, et répond entre autre aux questions suivantes: “quelle est mon autonomie en jours ?”, “Combien de charges peut faire une batterie externe ?”

A titre d’exemple voici notre consommation. Avec notre batterie externe de 10.000mAh le tableur calcule 3 jours et demi d’autonomie supplémentaire. Et pour charger tout ça ? C’est l’objet de la partie III.

Consommation d’un smartphone, choisir des applications économes :

Les smartphones remplacent aujourd’hui les GPS, les appareils photos et caméras. Mais c’est au détriment de leur batterie. Il est possible de connaitre la consommation exacte des différentes applications, c’est utile pour sélectionner celles qui consomment moins. Sous Android il faut aller dans Paramètre => Batterie => Niveau de consommation. Par exemple sur mon téléphone GPX Viewer (localisation GPS simple) ne consomme que 200mA alors que OsmAnd (navigation avec guidage) consomme plus de 600mA. C’est bon à savoir !

II. Où recharger ?

En camping:

Un mode d’hébergement largement utilisé par les voyageurs à vélo est le camping. Souvent l’accès à l’électricité est facturé en supplément. Mais si c’est juste pour recharger un téléphone, il faut savoir que de nombreux campings permettent de le faire à la réception.

Les sanitaires des camping sont souvent pourvus de prises, pratique pour une charge d’appoint

Les sanitaires de camping sont souvent équipés de prises électriques. Lors de notre premier voyage à vélo, sur la Vélodyssée, nous avons rechargés nos téléphones dans les sanitaires. Dans ce cas, mieux vaut avoir une batterie externe plutôt que de laisser longtemps son téléphone sans surveillance.

Astuce:

Une astuce que nous avons utilisé en Estonie pour ne pas tomber en rade de batterie est de profiter d’une pause dans un restaurant. De plus cela nous a permis de nous abriter de la pluie et de nous réchauffer ! Pour cela un chargeur avec 3 ports USB est bien pratique.

Est-ce qu’il faut un adaptateur ?

Le site https://www.worldstandards.eu/electricite.htm#plugs référence les standards dans le monde. De nombreux pays utilisent le même standard qu’en France.

III. Les solutions nomades

1/ La batterie externe

Pour avoir plus d’autonomie et aussi pour se prémunir en cas d’imprévu avoir une batterie externe est souvent utile. Leur capacité a fortement augmenté ces dernières années, autour de 20.000mAh pour la plupart. Une batterie de 10.000mAh pèse environ 200g actuellement (2020). De quoi tenir quelques jours en voyage !

Combien de charges peut faire une batterie ? On vous renvoie au tableur Excel (version ods ici).

A titre d’exemple, notre batterie de 10.000mAh permet de charger 2 fois environ un smartphone avec une batterie de 3200mAh. Il y a des pertes !

2/ Dynamo et panneau solaire

Notre panneau solaire en Lettonie

Lors de longues traversées, ou tout simplement si on bivouac sur de longues durées il est nécessaire de pouvoir générer son électricité. Il existe actuellement deux solutions principales : la dynamo et le panneau solaire.

 

Système

Poids typiquePuissance typique Prix Avantage 👍Inconvénient 👎

Dynamo bouteille


200g3W pour 15kmhEnviron 26€• Léger
• Prix
• Faible puissance
• Usure du pneu
• Rendement faible en basse vitesse
• Bruit
• Fragile
• Nécessite un convertisseur (E-Werk par ex.)

Dynamo moyeu


De 300g à 700g3W à partir de 15km/hA partir de 70€ • Solide
• Discret, pas d’entretien
• Nécessite de rouler
• Rendement faible en basse vitesse
• Frottement supplémentaire
• Nécessite un convertisseur (E-Werk par ex.)

Panneau solaire

400g21WEnviron 60€• Fonctionne à l’arrêt et en roulant
• Beaucoup plus puissant dans de bonnes conditions
• Dépend fortement de la météo
• Encombrant (taille d’un cahier A4).
• Potentiellement fragile

Dans le cas d’une dynamo la tension varie suivant la vitesse. Il faut un convertisseur-régulateur pour avoir en sortie 5V fixe. Cela pèse environ 50g et coûte entre 40€ et 120€ suivant les modèles : vous pouvez trouver une liste ici.

Convertisseur-régulateur USB-Werk Bush&Muller

Que ce soit avec un panneau solaire ou une dynamo, il est fortement conseillé d’utiliser une batterie externe. En effet les batteries des smartphones supportent très mal les variations de courant, cela réduit leur durée de vie. Une batterie externe joue alors le rôle de tampon en absorbant les fluctuations.

Durée de vie d’une batterie:

La durée de vie d’une batterie Li-ion dépend de nombreux paramètres : le nombre de cycles, mais aussi la profondeur de décharge (% batterie après la charge – % batterie avant la charge), le courant de charge, le % de charge moyen, la température… Il est déconseillé de les décharger complétement (profondeur de charge de 100%). Mais effectuer énormément de petits cycles de 20% n’est pas bon non plus !

Charge d’une batterie Li-ion: La quasi-totalité des chargeurs chargent à courant constant puis à tension constante. Les fluctuations des systèmes nomades, bien que lissées par l’électronique interne des batteries, peuvent dégrader leur durée de vie.

 

Dans notre cas, pour un voyage en Europe en été, en comptant sur une météo faiblement nuageuse le tableur Excel donne le résultat suivant :

C’est ce qu’on a observé sur notre voyage d’Athènes à Tallinn ! C’est en partie pour cela que nous avons choisi le panneau solaire. Pour plus de détails, nous vous renvoyons à notre  dossier sur les panneaux solaires.

Conclusion

Il existe aujourd’hui plusieurs solutions pour s’assurer de toujours avoir de l’électricité en voyage à vélo. Mais il ne faut pas oublier que le meilleur moyen d’être autonome en énergie, c’est de ne rien dépenser ! Surtout quand on connait l’impact environnemental de toutes ces batteries… Sur ce, bonne route ! 🚴

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